Le matériel de sécurité et le calcul de l’autonomie

Le matériel de sécurité

En fonction de leur catégorie de navigation, les navires doivent posséder à bord du matériel de sécurité. Les candidats au permis mer côtier doivent connaître la liste relative à la 5 ème et la 6 ème catégorie.

Attention, les listes de matériel qui suivent concernent des navires de moins de 25 mètres.

Note : la cinquième catégorie se divise en 2 sous-ensembles : les navires de plus de 5 mètres et les navires de 5 mètres et moins

Le calcul de l’autonomie

En mer, il serait dangereux de partir sans connaître son autonomie.
Par conséquent, vous devez vérifier, avant chaque départ, votre
niveau de carburant et prévoir la consommation en fonction
de votre navigation.

La formule qui suit prévoit une marge de sécurité de 30%.
En effet, les conditions atmosphériques, l’état de la mer et l’entretien
du bateau peuvent augmenter considérablement la consommation.

Formule :

Litres dans le réservoir = ( distance x consommation ) / vitesse
Ajoutez une marge de sécurité de 30% à la valeur trouvée.

  • La distance s’exprime en milles.
  • La vitesse s’exprime en nœuds.
  • La consommation s’exprime en litres/heures.

Exemple 1 :

Un navire veut parcourir la distance de 100 milles.
En naviguant à 10 nœuds, sa consommation est de 9 litres par heure.
En prenant une marge de sécurité de 30%, combien de litres faut-il dans le réservoir ?

Litres dans le réservoir = ( 100 x 9 ) /10 = 90 litres
En prenant une marge de sécurité de 30%,
on obtient : 90 + 27= 117 litres

Exemple 2 :

Un navire veut parcourir la distance de 20 milles.
En naviguant à 10 nœuds, sa consommation est de 10 litres par heure.

En prenant une marge de sécurité de 30%, combien de litres faut-il dans le réservoir ?

Litres dans le réservoir = ( 20 x 10 ) / 10 = 20 litres
En prenant une marge de sécurité de 30%,
on obtient : 20 + 6 = 26 litres

Les catégories de navigation

Une catégorie de navigation définit la distance jusqu’à laquelle un navire peut s’éloigner d’un abri.

Attention, un abri n’est pas forcement une côte, en effet la réglementation
maritime définit l’abri de la façon suivante : ports ou plans d’eau où le navire
peut facilement trouver refuge et où les personnes embarquées peuvent être mises en sécurité.

Il existe 6 catégories de navigation :

  • 1 ère catégorie :  » partout »
  • 2 ème catégorie : 200 milles d’un abri
  • 3 ème catégorie : 60 milles d’un abri
  • 4 ème catégorie : 20 milles d’un abri
  • 5 ème catégorie : 5 milles d’un abri
  • 6 ème catégorie : 2 milles d’un abri

Les catégories de conception aux normes CE

Depuis quelques années, les nouveaux bateaux se voient attribuer 4 nouvelles catégories. Ces nouvelles catégories correspondent à la capacité du navire à supporter une certaine force de vent et une hauteur maximale de vague.

Les nouveaux navires sont donc limités en distance (catégories de navigation)
et par l’état de la mer et du vent (catégories de conception).
Lorsque une personne achète un bateau neuf, elle pourra armer son navire
dans la catégorie de navigation qui correspond au tableau ci-dessous.

Exemple
En achetant un bateau aux normes CE de la catégorie C, vous avez le choix,
au moment de l’immatriculation, de l’armer en 4 ème, 5 ème ou 6 ème catégorie.

Imaginons que vous votre choix se porte sur la 5 ème catégorie, dans ce cas, vous aurez un bateau de catégorie C armé en 5 ème catégorie, ce qui implique que votre navire sera limité à des vents de 6 Beaufort, des vagues de 2 mètres et une distance de 5 milles.

Note
il est préférable de choisir une catégorie qui correspond à votre navigation
car le fait de monter le navire en catégorie est synonyme de matériel de sécurité supplémentaire. Ainsi, si le propriétaire de l’exemple ci-dessus avait fait le choix de mettre son navire en 4ème catégorie, il aurait dû acheter le matériel de sécurité correspondant à cette catégorie.

Bien connaitre les signaux

Les signaux relatifs au programme du permis mer côtier se divisent en 5 catégories :

Les signaux sonores

Dans certaines zones de navigation ( forte densité de navires, espace réduit, brouillard…), la réglementation maritime prévoit l’usage de signaux sonores réglementaires. Ces derniers indiquent soit une manœuvre, soit la présence d’un navire par visibilité réduite. Les signaux sonores sont émis par un appareil de signalisation portant le nom de « sifflet ». La nuit, ces signaux peuvent être complété par des signaux lumineux.

Les signaux peuvent être :

  • brefs : son d’environ 1 seconde représenté par une corne de brune
  • prolongés : son de 4 à 6 secondes représenté par une corne de brune

Les signaux détresse

Les signaux de détresse peuvent être visuels ou sonores. Ils peuvent être montrés ensemble ou séparément. Certains d’entre eux ne sont pas employés
par des navires de plaisance, cependant, il est de votre devoir de savoir les reconnaître.

Attention, il est interdit d’utiliser ces signaux pour un usage autre que la détresse ou un besoin de secours. Il vous est également interdit d’utiliser des signaux susceptibles d’être confondus avec les signaux réglementaires.

Les signaux d’entrée et de sortie de port

Tout comme la circulation routière, le trafic peut être régulé par des feux. Ces signaux, quand ils existent, sont allumés jour et nuit.

Il en existe 2 types :

  • les signaux principaux,
  • les signaux d’exemption qui sont ajoutés au signal principal.

Les signaux de marée

Les signaux de marée et de hauteur d’eau

Bien que le calcul de marée ne fasse pas partie de l’examen du permis mer côtier, il est intéressant de connaître les signaux de marée. En effet, ces signaux nous renseignent sur la marée et nous indiquent les profondeurs d’eau à une heure donnée. Ces signaux sont noirs le jour et remplacés par des feux la nuit.

Les signaux météorologiques

Les signaux visuels

Vous pouvez trouver sur les mâts des capitaineries et des sémaphores des signaux indiquant la force et la direction du vent. La nuit, ces signaux sont remplacés par des feux.

Les feux pour identifier les navires

Les feux permettent d’identifier les navires lorsque la visibilité est réduite : nuit, intempéries… Ils sont d’un modèle et d’une portée réglementaire et peuvent être classés en deux catégories :

  • les feux de bases visibles sur un secteur bien déterminé,
  • les feux de travail ou de situations particulières visibles sur tout l’horizon (ajoutés, en général, aux feux de bases).

On distingue :

  • Les feux de bases
  • Les navires à moteur faisant route
  • Les navires à voile faisant route
  • Les navires marchant à l’aviron
  • Les remorqueurs
  • Les navires de pêche
  • Les navires non maître de leur manœuvre
  • Les navires à capacité de manœuvre restreinte
  • Les navires à capacité de manœuvre restreinte avec obstruction
  • Les navires handicapé par leur tirant d’eau
  • Les navires échoués
  • Les navires au mouillage
  • Les bateaux pilotes

Les marques de jour

Les règles concernant les marques permettent :

  • d’identifier les navires (moteur, voiliers, pêcheurs…),
  • de connaître leur situation (en route, au mouillage, échoué…). Les marques sont utilisées le jour et sont remplacées par des feux la nuit.

Voilier marchant au moteur : Attention, un voilier qui porte un cône noir pointe en bas est considéré comme un navire à moteur et perd donc son privilège de voilier.

Démineur : Attention, lorsqu’un navire est en opération de déminage, vous devez vous en écarter de 1000 mètres au moins.

Remorqueur avec remorque de + 200 mètres

Pêcheur : avec engin de + 150 mètres

Navire non maître de sa manœuvre : Un navire non maître de sa manœuvre est un bateau qui ne peut pas effectuer les manœuvres réglementaires, vous devez donc le laisser passer.

Navire à capacité de manœuvre restreinte : On passe toujours du côté des cônes

Navire à capacité de manœuvre : Restreinte avec obstruction sur son tribord. Lorsqu’un navire à capacité de manœuvre restreinte a une obstruction, vous devez toujours passer du côté des cônes.

  • Navire handicapé par son tirant d’eau
  • Navire au mouillage
  • Navire échoué

Plongeurs : Vous devez passer à 100 mètres minimum

Véhicules nautiques à moteur, planches à voile et ski nautique

Planches à voile

Les règles de barre sont les mêmes que celles des voiliers.

Néanmoins :

ils ne peuvent pas naviguer la nuit ,
ils ne doivent pas s’écarter à plus de 1 mille nautique (1852 m) du rivage.

Véhicules nautiques à moteur ( moto des mers, scooter, planches à moteur)

Les règles de barre sont les mêmes que celles des navires à moteur.

Néanmoins :

  • ils ne peuvent pas naviguer la nuit ,
  • ils ne doivent pas s’écarter à plus de 1 mille nautique (1852 m) du rivage.

Pour conduire ces véhicules, il faut détenir le permis de conduire requis (en général le permis côtier)
et le pilote doit porter un gilet ou une brassière de sauvetage.

Chaque véhicule doit comporter un compartiment étanche contenant deux feux automatiques à main.  En outre, l’engin doit être équipé d’un anneau et d’un cordage permettant le remorquage.

Ski nautique

Pour conduire ces véhicules, il faut détenir le permis de conduire requis
(en général le permis côtier) et le pilote doit porter un gilet ou une brassière
de sauvetage. Deux personnes doivent obligatoirement se trouver à bord du navire tracteur. Cependant, les personnes titulaires d’un brevet d’état de ski nautique ne sont pas soumises à cette réglementation.

Engins pneumatiques tractés

Deux personnes doivent obligatoirement se trouver à bord du navire tracteur.
Le remorqueur doit avoir un système de largage rapide et arborer une flamme fluorescente orange.

Navigation dans un chenal étroit

Navigation dans un chenal étroit et dispositif de séparation du trafic

Navigation dans un chenal étroit ou dans un chenal d’accès 

  • Les navires doivent tenir la droite du chenal et ne doivent pas
    traverser un chenal étroit si cela occasionne une gêne.
  • Les navires de longueur inférieure à 20 mètres et les voiliers
    ne doivent pas gêner le passage des gros navires.
  • Les pêcheurs ne doivent pas gêner le passage des autres navires.
  • Le navigateur doit, lorsque cela est nécessaire, faire usage des avertisseurs
    sonores réglementaires.

Dispositif de séparation du trafic

Dans certaines zones de navigation, vous pouvez suivre ou croiser des voies de circulation appelées dispositif de séparation de trafic.

Si vous vous trouvez dans cette situation, certaines règles sont à respecter :

  • Vous devez suivre le sens relatif à votre voie de circulation,
  • Vous devez entrer ou sortir de la voie avec un angle le plus faible possible,
  • Vous devez, si vous êtes obligé de couper la voie, traverser le plus perpendiculairement possible.

Ordre des priorités pour navires

Ordre des priorités

Nous avons vu qu’un navire à voile a la priorité vis à vis d’un navire à moteur. Cependant d’autres navires sont également privilégiés. Aussi pouvons-nous donner l’ordre suivant :

1. Navire non maître de sa manœuvre : Il ne peut pas effectuer les manœuvres réglementaires.
Exemple : avarie.

2. Navire à capacité de manœuvre restreinte : Il ne peut pas beaucoup manœuvrer en raison de la nature de ces travaux.
Exemple : drague.

3. Navire handicapé par son tirant d’eau : Il peut difficilement modifier sa route en raison de son tirant d’eau et
de la profondeur disponible

4. Navire entrain de pêcher : Il peut difficilement manœuvrer en raison de ses engins de pêche (chalut, filet)

5. Navire à voile : Son déplacement est déterminé par la force et la direction du vent.

6. Navire au moteur

Navires à moteur qui font routes opposées

Lorsque deux navires à moteur font des routes directement opposées ou à peu près opposées de telle sorte qu’il existe un risque d’abordage, chacun d’eux doit venir sur tribord. Le croisement s’effectuera bâbord contre bâbord.

Le risque d’abortage : quelques exemples !

Le risque d’abordage existe lorsque le relèvement ou le gisement d’un navire
qui se rapproche ne change pas de manière appréciable.

Le relèvement est l’angle qui existe entre le Nord et un point visé. Il se mesure avec un compas de relèvement.
Le relèvement se note Z

Le gisement est l’angle qui existe entre l’axe longitudinal du navire et un point visé. Le gisement se note gt . Le navire bleu voit trois fois de suite le navire rose au relèvement 180°. Le navire bleu voit trois fois de suite le navire rose au gisement 90°.

Navire qui en rattrape un autre

Un navire est considéré comme rattrapant lorsqu’il se rapproche sous un angle de 135° sur l’arrière du rattrapé.

Le navire rattrapant (B) doit s’écarter de la route du navire A. Le navire rattrapé (A) garde son cap et sa vitesse. Lorsqu’un navire ne peut déterminer avec certitude s’il en rattrape un autre, il doit se considérer comme rattrapant et manœuvrer en conséquence.

Attention, lorsque le dépassement s’effectue dans un chenal étroit, les signaux sonores réglementaires doivent être utilisés et les embarcations de moins de 20 mètres ne doivent pas gêner la circulation des gros navires.

Responsabilité réciproques des navires

Navire à moteur entre eux

Lorsque deux navires à moteur se croisent, celui qui voit l’autre sur tribord doit s’écarter et éviter de passer sur l’avant du navire croisé.

Navire à moteur / voiliers

Un navire à moteur doit s’écarter de la route d’un voilier sauf si ce dernier marche au moteur. Dans ce cas, le voilier doit se signaler par un cône noir pointe en bas.

Les voiliers entre eux

Quand les voiliers reçoivent le vent d’un bord diffèrent, celui qui reçoit le vent de bâbord (A) doit s’écarter de la route de celui qui reçoit le vent de tribord (B). Quand les deux navires reçoivent le vent du même bord, celui qui est au vent (A) doit s’écarter de la route de celui qui est sous le vent (B).

Les règles de barre

Tout comme la circulation routière, la circulation maritime suppose un minimum de règles
afin de garantir la sécurité de chacun.

Les navires doivent adapter leur vitesse en fonction :

  • de la visibilité
  • de la densité du trafic
  • des conditions de navigation
  • de la compétence de l’équipage et du chef de bord
  • des capacités du navire

De plus, le navigateur doit assurer une veille visuelle et auditive constante
et réaliser les manœuvres le plus franchement et le plus tôt possible.